jeudi 10 septembre 2009

Pourquoi ?

Que raconter avec une proposition fragile et délicate (des essais poétiques et aléatoires ! ! !) dans ce temple de la culture et du marché des arts vivants qu’est devenu le festival d’Avignon ? Le public y est présent en masse ; les spectacles nombreux ;

Le tumulte grand…

Entre autres choses, pour se réconcilier avec le temps…

Les suspensions poétiques sont d’abord à appréhender par chacun et chacune (sur scène et sur le plateau) comme une séance de travail sur la notion du temps.

Nous, artistes présents, devrons tendre vers cela, sans complaisance, sans regard sur nous-mêmes, mais sur ce que nous fabriquons, là, ensemble. Ce n’est ni un spectacle, ni une représentation.

C’est un acte éphémère et gratuit.

Un cadreur et un preneur de sons suivront mots, visages et gestes des artistes lors de cette première et unique journée de travail. Un travail qui débutera lors de la rencontre du duo d’artiste en gare d’Avignon (une fin de matinée) à l’entrée sur le plateau (un début de soirée). Car c’est bien de cela qu’il s’agit de donner à voir :

Le « Ce que nous tissons durant des jours, des semaines, voire des mois » ce n’est que du travail.

Alors…On se démasquera, un temps. Le temps d’une déambulation. Nous ne serons plus ni des stars, ni des intermittents. Mais des hommes et des femmes en curiosité et en recherche : Le temps d’une escale dans les rues d’Avignon et dans les prémices d’un travail joyeux sur une matière particulière mais bien vivante : Les textes poétiques


Les publics suivront sur des écrans, installés sur le plateau, ces moments précieux :

De la première rencontre…Aux premiers échanges …Ils suivront, de visu, les premiers pas, à deux, à trois, sur le plateau.

Une ballade, un plateau, des textes, des artistes mis à nu par la rareté de ces moments ouverts aux divers publics.

Pour dire, simplement, que nous sommes aussi et surtout des chercheurs…D’un temps à venir.

Suspensions poétiques/Essai 1

Il s’agit, lors de la présence de la Région Ile de France en Avignon (du 10 au 18 juillet 2004), de présenter au public, 8 courts métrages et « essais artistiques textuels, musicaux et corporels », proche du free jazz.

Sur un plateau quadrifrontal, une sélection de brèves paroles d’auteurs venus du monde entier. Des mots épars et pourtant assemblés dans un même corps. Celui d’une matière à inventer, à transformer lors d’une spontanéité retrouvée.

C’est un essai sur des dizaines de textes… Tirés au hasard. Une tentative qui peut être réussie ou ratée.

On convoque ici tout autre chose que la performance. On donne un droit de cité au vagabondage, aux doutes, aux essais…

C’est un moment d’improvisation pure qui peut amener les publics présents dans des espaces imaginaires lointains ou bien les laisser sur place.

C’est un temps de recherche. De ce temps, qui, souvent par peur, est rarement donné à voir ou à entendre.

Une recherche fragile d’équilibre entre ce qui ne varie pas (invariant) et ce qui se meut (mouvant).

Une recherche sur des chemins erratiques…Des chemins intermittents.

Une errance affirmée, de-ci, de là, sur des textes qui évoquent la notion d’un Temps libérateur de poésie.

Errance en une claire opposition avec ce temps de la marchandisation qui nous fait simplement…Marcher, comme des aveugles perdus…Vers notre finitude.

Des duos d’artistes de toutes disciplines : Auteurs, Acteurs, metteurs en scène, chorégraphes, musiciens, interprètes ou plasticiens.
Un vagabondage entre artistes qui ne se connaissent pas. Comme pour dire notre confiance à la magie de la première rencontre.

Des artistes qui cherchent ensemble à inventer un temps particulier toujours en étroite relation avec le public présent.

Des « suspensions poétiques » d’une durée de 40 à ….. minutes.

Barbara Bouley Franchitti, metteurE en scène et dramaturge